DIEU ÉCRIT DROIT SUR DES LIGNES COURBES

  • L’ENVERS DU CASOAR …

L’emblème saint-cyrien – le casoar – orne avec panache la couverture de ce roman dont l’auteur, Gaston Bonnet de Carnavet, fut un des plus jeunes officiers. Sous couvert d’une fiction romanesque – où des personnages au destin tout tracé changent drastiquement de cap – ce saint-cyrien lettré témoigne de son « vécu » sur le terrain des guerres coloniales et de leurs dérives… Il en résulte un récit drôle et brillant, iconoclaste et… politiquement incorrect !

Gaston Bonnet de Carnavet, est né en 1907 à l’Isle sur Sorgue, petite ville pittoresque du Vaucluse où il passe une enfance paisible en compagnie de son ami le poète René Char qui, tout comme lui, « fort en thème », était imprégné de culture gréco-latine et épris de poésie. Gaston Bonnet de Carnavet, bachelier à 15 ans à l’issue d’une forte fièvre scarlatine, persévère dans ses études humanistes et publie, fort jeune, un recueil de poésies aux éditions Lemerre : Déités, salué par la critique. Ses goûts et dispositions l’auraient plutôt porté à « taquiner la muse« , cependant il ne persiste pas dans cette voie. Pour complaire tant à son père qu’à la tradition familiale qui lui tient à cœur, il embrasse la carrière des armes, comme il le raconte avec humour dans ces lignes :

Ce fut, à l’origine de ma carrière, une fausse orientation initiale qui m’y avait propulsé. Une fâcheuse précocité m’a valu de réussir dans mes classes sous le signe «fort en thème» et d’être bachelier autour de mes quinze ans. Et de me trouver en cette position ingrate où l’on a emmagasiné un bagage divers et épars sans rien approfondir, et où, à défaut de détermination personnelle et de jugement – cette qualité si bien répartie dans le divers de l’humanité que j’en ai été personnellement frustré – on est à la merci des influences de son environnement.  Ainsi ai-je été le jouet des suggestions paternelles et d’un entourage familial où le sabre et le goupillon faisaient bon ménage, et me suis-je vu engagé – en dépit d’une timidité maladive mentionnée dans mes notes d’écolier et d’une certaine tendance bohème – vers la carrière de l’autorité et de la rigueur. Je dois dire qu’au début, l’esprit blagueur et chahuteur de « la Corniche » 1 ne me déplut pas. Ce jeu commun à tous les étudiants s’y compliquait d’une affectation de martialité qui s’exprimait en expéditions punitives, sous divers prétextes, et parfois en ravages, que je jugeais, si ce n’est très spirituels, du moins fort divertissants, car à mes défauts – j’allais l’oublier – il faut ajouter un goût manifeste pour la contestation.

À l’issue de ses classes militaires à Saint-Cyr, Gaston Bonnet de Carnavet  est promu « Premier Capitaine de France ». Il prend part aux campagnes d’Outre-Mer avec tous ses camarades et beaucoup d’autres, morts dans l’anonymat et le silence en héros, ce qui hantera longtemps sa mémoire et qu’il décrit avec force de conviction dans ce roman.

Il se bat sur tous les lieux de conflits des Colonies françaises  : Algérie, Tunisie, Maroc, Liban, Madagascar, et Syrie, où il est notamment confronté au drame d’une guerre où des Français durent se battre contre des Français, épisode qui marqua profondément une partie de sa génération. Affecté ensuite au 1er bataillon cambodgien de marche, il connaît les affres de la guerre d’Indochine où il se bat avec courage et vaillance. Administrateur du quartier de Tayninh (région de Saïgon), théâtre de très violents affrontements, il y fait preuve en 1946, d’un mépris absolu du danger et des plus belles qualités de Chef et de combattant, ce qui lui vaut plusieurs citations.

Voici un extrait du roman où il met en scène un jeune officier de Saint-Cyr, Laurent de Saillan, révolté des exactions qu’il découvre sur le terrain, en Indochine :

Affecté à la place et au secteur de Tay Ninh, Laurent rejoignit son poste par le chemin des écoliers, sous le signe du tourisme et du contact humain. Le spectacle de la route coloniale, à partir de trente ou quarante kilomètres de la capitale, témoignait éloquemment de la situation. Maisons détruites aux murs calcinés, arbres abattus, ponceaux de fortune enjambant les arroyos, la jalonnaient tout au long du parcours. Mais sitôt qu’on s’en éloignait par quelque chemin de traverse, à part, çà et là, quelque rare hameau incendié, la campagne revêtait l’aspect idyllique, telle une fresque de Puvis de Chavannes, les femmes courbées dans les rizières procédant au repiquage, des enfants conduisant les buffles au pâturage, de lourds charrois circulant sur les pistes, partout des paysans et des paysannes cheminant d’un pas élastique sous le fléau classique équilibré par les charges terminales. Baignant dans une douceur chaleureuse, les villages alignaient, tout au long des rues interminables, de coquets pavillons aux jardins entourés de haies de bambous – avec, à la porte d’entrée de chacun, une niche portée sur un pieu-niche vouée au culte des génies tutélaires. (…)

C’était aussi à une compagnie de la Légion que Tay Ninh, le chef-lieu de province au commandement duquel était affecté Laurent, devait l’atmosphère empoisonnée dans laquelle il le découvrit. Le capitaine de Légion auquel il succédait avait été tué, ainsi qu’une dizaine de sous-officiers et d’hommes de troupe de son escorte, au cours d’une embuscade. Fait en soi banal, l’embuscade meurtrière étant le pain quotidien en ce secteur forestier particulièrement propice à la guérilla. Mais les représailles y feraient date : les légionnaires s’étaient vengés sur tous les nhaqués en leur pouvoir, en commençant par les suspects détenus dans leurs geôles en instance d’interrogatoire, coupant les têtes en série, jusqu’à celles de leurs fidèles serviteurs, de leurs jeunes boys suspectés de trahison. À la suite de quoi, les têtes des suppliciés, fichées sur des piquets, avaient été implantées de part et d’autre du pont franchissant l’arroyo – ce qui avait jeté un froid dans la population, et n’alarma pas outre mesure Laurent ni le détourna de ses principes.

Son premier geste fut spectaculaire : pénétrant dans la salle réservée à la Sainte Inquisition, peuplée de potences, de cordes, de chevalets de torture, de fouets et de toute sorte de savants appareillages, il se livra à un saccage méthodique, n’épargnant même pas la magnéto réservée aux premiers aveux sous le signe de la fée électricité. Ce comportement intempestif fut diversement commenté, et lui valut la réprobation indignée des excités.

L’un d’eux, médecin aspirant de son état, ne manqua pas de stigmatiser cette attitude de trahison. Plus familier de la mitraillette que du stéthoscope, il assassinait volontiers çà et là au cours d’expéditions nocturnes, au demeurant très courageuses et très risquées. Sa mentalité était en fait, en dépit de sa culture, singulièrement sommaire. La France avait besoin de caoutchouc, telle était en fin d’analyse la motivation de ses excès, à la lumière d’une conversation cœur à cœur que Laurent eut avec lui. (…)

 En 1947, Gaston Bonnet de Carnavet quitte l’uniforme et se retire dans le Bordelais pour s’occuper d’une propriété viticole. Après les vicissitudes d’une vie ballottée sur tous les fronts, il peut enfin se consacrer à l’écriture et à l’approfondissement de sa chère culture gréco-latine, jusqu’à sa mort en 1992.

Son fils Jean François Bonnet de Carnavet ( digne héritier du talent paternel pour l’écriture) a exhumé et retravaillé ses manuscrits pour nous permettre de les éditer  : une passionnante biographie : Cicéron 2 et ce roman dont le titre est tiré d’un proverbe portugais : « Dieu écrit droit sur des lignes courbes »

1 Corniche : terme argotique désignant la classe préparatoire de Saint-Cyr.

2 Cicéron  (biographie)  Ibacom éditions / courant 2018


Dieu écrit droit sur des Lignes courbes a participé avec succès au concours  littéraire de la Saint Cyrienne 2018… Sans être lauréat, hélas,  le livre a toutefois été très remarqué pour son originalité et sa portée littéraire… Bel hommage pour la famille Bonnet de Carnavet et fierté pour l’éditrice Isabelle de Bremond d’Ars ! (photo ci-contre, présentant le livre aux « cyrards » lors du déjeuner de leur AG, aux Invalides, le 24 mars 2018 .

(photo Laure Boyer – pour la revue Casoar )
Ci dessous la critique du Général du Reau dans la revue Casoar….
Saint-cyrien de la promotion « Sous-lieutenant Pol Lapeyre » (1926-28),l’auteur, formé par les Jésuites, est hautement cultivé et parfaitement cynique. Il parcourt l’Empire ; vit le drame fratricide de la Syrie et l’Indochine. Le titre de son roman est une citation de Paul Claudel qui s’y connaissait en lignes courbes… À travers quatre ou cinq personnages qui se croisent, se découvrent, s’affrontent au cours d’une vie jonchée d’avatars, il laisse libre cours à une casuistique typiquement jésuitique et à un humour qui cultive le contre-pied. Évidemment tous ses personnages avaient des destins tout tracés… en ligne droite. Et biensûr ils s’égarent dans des méandres jusqu’à des horizons insoupçonnés. Une grande
culture, une langue parfaite et une autodérision ravageuse. Tous les ingrédients sont réunis pour réjouir le lecteur avec un livre savoureux et un tantinet acide.À consommer sans modération. Pisse-vinaigre s’abstenir.    Patrick du Reau (65-67)


• PRESSE – ÉVÉNEMENTIEL

Presse : Dossier de Presse Dieu ecrit droit 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

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TITRE : DIEU ÉCRIT DROIT SUR DES LIGNES COURBES
AUTEUR : Gaston BONNET de CARNAVET
LIVRE : 248 pages – broché, 150 x 220 mm

Prix public : 20 €
GENRE : ROMAN
RÉALISATION, ÉDITION, DIFFUSION : IBAcom
ISBN : 979-10-92733-08-2
PARUTION : 2017

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